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Récupération d’eau de pluie

Pourquoi récupérer l’eau de pluie ?

L’eau ne disparaît ni se crée. Elle circule entre l’atmosphère, les continents et les réservoirs d’eau libres (nappes phréatiques, océans...). Sa quantité est estimée à 1 400 Milliards de m3 dont 97,5 % est constituée d’eau salée. En enlevant l’eau sous forme de glace, il ne reste plus que 14 Milliards de m3 d’eau douce "disponible".

Or, la consommation actuelle en eau exerce une pression de plus en plus intenable sur les nappes phréatiques (réservoirs naturels souterrains) et les rivières.

De plus, le coût, et donc le prix de l’eau ont considérablement augmenté. Le budget eau d’un foyer de 4 personnes oscille aujourd’hui entre 380 et 538 € par an. D’ici l’année 2010, il est prévu une augmentation du prix de l’eau d’environ 10% par an.

Récupérer l’eau de pluie a donc un double intérêt :
- Ecologique : c’est un moyen d’utiliser une ressource naturelle et de soulager l’exploitation des eaux souterraines.
- Economique : baisse des coûts de pompage, de distribution et de traitement des eaux, diminution du montant des factures par une utilisation personnelle pour les jardins et l’habitat.

De plus, la faible dureté de l’eau de pluie, 10 milligrammes de calcaire par litre contre 30 milligrammes dans l’eau de distribution adoucie, lui confère certains aspects pratiques :
- Vos robinets, canalisations ou appareils électroménagers sont beaucoup moins entartrés.
- Vos tuyauteries et appareils à résistance chauffante ont une durée de vie plus longue.
- Dans un lave-linge, l’eau de pluie donne à la lessive un pouvoir lavant supérieur, ce qui permet d’en diminuer les doses ; les adoucissants sont alors inutiles (le calcaire est responsable de l’effet tissu cassant, il s’incruste dans les fibres des tissus et il est possible d’estimer que le linge s’use 30% plus vite). Idéale pour l’arrosage, l’eau de pluie ne contient pas de chlore, ni de produits phytosanitaires présents dans l’eau de distribution.

Principe de fonctionnement :

Le principe de fonctionnement est simple : la pluie tombe sur la toiture de la maison, est canalisée dans la gouttière qui est reliée à une cuve (enterrée ou non). Entre les deux, est placé un collecteur de gouttière (également appelé récupérateur d’eau pluviale) où l’eau est filtrée, empêchant ainsi feuilles, brindilles et insectes de tomber dans la cuve. Ce filtre évite également la formation de vase et l’altération de l’eau.

Une pompe électrique peut vous permettre d’acheminer l’eau de la cuve vers la maison où elle peut alimenter sanitaires et appareils ménagers. La pompe intégrée s’enclenche dès que vous ouvrez un robinet ou que vous utilisez un appareil raccordé au système.

Plusieurs appareils peuvent être raccordés à un récupérateur d’eau de pluie, sans que l’eau soit nécessairement potabilisée :

Lorsque la cuve est vide, la pompe bascule automatiquement sur le réseau public pour alimenter en eau de ville ou remplir la cuve avec l’eau du réseau public. La loi oblige à ce que la séparation des deux réseaux soit absolue et identifiée.

Votre eau de pluie peut devenir potable et couvrir des usages sanitaires (lave-vaisselle, douche...), mais :
- L’eau de pluie contient des poussières issues de l’atmosphère et du toit, il faut veiller à la propreté de votre toit et à ne pas le traiter avec des produits polluants.
- La présence de bactéries et de métaux lourds rend l’eau de pluie impropre à la consommation. Vous pouvez cependant y rajouter des systèmes de traitements domestiques pour la rendre potable (ex : la filtration par filtres bactériens ou par osmose inverse). Mais des contrôles rigoureux et réguliers sont nécessaires.

Dimensionnement :

Pour une maison individuelle de 100 m2 au sol, la capacité de récupération d’eau de pluie est estimée entre 5 000 et 7 000 litres / mois. Une famille de 4 personnes peut donc économiser jusqu’à 70 m3 d’eau potable par an… Le volume de la cuve est à déterminer en fonction de la surface de la toiture, de la pluviométrie locale et des besoins du foyer concerné.

Le CEDER peut vous aider dans cette démarche.

Investissement :

Quelques exemples de prix :
- Pour une installation complète avec une citerne de 6 000 litres, environ 3 500 à 4500 € HT (hors transport et main d’œuvre).
- Pour des cuves de 1 000 à 10 000 litres : de 280 à 2000 € HT (les prix varient selon le matériau, si elles sont enterrées, disposées en extérieur ou dans une cave).
- Pour une cuve de 200 à 500 litres (pour les usages extérieurs) : de 18 à 220 € HT.

Amortissement :

Pour que ces chiffres soient pertinents, il faut prendre en compte les économies d’eau que permet ce type d’installation. Une famille de 4 personnes collectant 70 m3 d’eau de pluie par an avec un prix moyen de l’eau en France s’élevant à 2,65 € le m3, les économies engendrées s’élèvent à environ 175 € par an (estimation ne prenant pas en compte l’augmentation à venir du prix de l’eau). A cela, il faut ajouter les économies dues au rallongement de la durée de vie des équipements.

Aides financières :

Afin d’aider financièrement ces installations, un crédit d’impôt de 25 % a été voté. Le crédit s’applique aux coûts des équipements (payés entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2009). Sur la facture doit apparaître le détail du matériel et le fait que l’installation a été réalisée par un professionnel. Le décret d’application, disponible au CEDER, précise les modalités de ce crédit.

Les contacts utiles :

Une liste de fabricants et installateurs de systèmes de récupération d’eau est disponible au CEDER (Centre d’Etude et de Développement des Energies Renouvelables).

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